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Organisme fondé · Aujourd’hui géré par le Cap St-Barnabé

CARE Montréal

Le premier refuge mixte de Montréal ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans condition d’entrée.

La plupart des refuges refusent du monde. Pas par cruauté : par contrainte de ressources, de règlements ou d’assurances. On refuse la personne intoxiquée, celle qui a un chien, celle qui ne rentre pas dans la catégorie « hommes » ou « femmes » du bâtiment, celle qui arrive à quatorze heures parce que le refuge n’ouvre qu’à dix-neuf.

Chacun de ces refus est défendable pris isolément. Additionnés, ils produisent le résultat qu’on observe dans la rue : les personnes les plus en difficulté sont précisément celles que le système d’hébergement n’atteint pas.

CARE Montréal est né de ce constat. La règle de départ tenait en une phrase : personne n’est refusé.

La barrière n’était pas un effet secondaire du système. C’était le problème.

Ce qui rendait le modèle différent

Chaque décision retirait une condition d’entrée. Prises ensemble, elles changent qui franchit la porte.

Ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre

Un refuge qui met les gens dehors le matin ne fait que déplacer le problème de quelques rues. La continuité est ce qui permet à une personne de se poser assez longtemps pour envisager autre chose.

Mixte : hommes, femmes, personnes trans

Le premier refuge mixte de Montréal. Les personnes trans étaient jusque-là renvoyées d’un bâtiment à l’autre, ou renonçaient simplement à demander de l’aide.

Les animaux acceptés

Beaucoup de gens refusent un lit plutôt que d’abandonner leur chien. Ce n’est pas de l’entêtement : c’est souvent le dernier lien affectif qui reste. Accepter les animaux enlève un des refus les plus fréquents.

Sobre ou non

Exiger la sobriété à l’entrée revient à réserver l’hébergement à ceux qui en ont le moins besoin. L’accueil sans condition de consommation est ce qui distingue un refuge d’un programme.

Un programme de pairs aidants

Des personnes ayant elles-mêmes vécu la rue, embauchées pour accompagner celles qui y sont encore. Elles obtiennent en dix minutes une confiance qu’un intervenant met des semaines à construire.

Quatre maisons de transition

Sortir de la rue ne se fait pas d’un refuge vers un appartement. Il manque une étape, et c’est presque toujours là que les parcours s’interrompent.

L’échelle atteinte

4
Sites d’hébergement
350
Personnes en situation d’itinérance hébergées
250
Employés
50 +
Bénévoles
4
Maisons de transition
20 M$ +
Budget annuel atteint pendant la pandémie

Pendant la pandémie, CARE Montréal a soutenu le campement de la rue Notre-Dame. C’est le genre de situation où les plans ne servent plus à rien : il fallait décider vite, avec une information incomplète, pour des gens dont la santé se dégradait chaque jour.

C’est aussi la période où l’organisme a changé d’échelle. Le budget annuel a dépassé vingt millions de dollars — un organisme communautaire qui grandit de cette façon en quelques mois se casse presque toujours en deux. Passer de la gestion d’un refuge à l’administration de vingt millions de fonds publics n’est pas une question de volonté : c’est une question de contrôles, de reddition de comptes et de délégation, mis en place avant d’en avoir besoin.

C’est aussi l’expérience qui m’a le plus appris sur la gouvernance. Diriger 250 employés dans un contexte où chaque décision touche directement des personnes vulnérables ne ressemble à aucun mandat technologique. La structure y compte davantage, pas moins : quand tout va vite, seule une organisation claire empêche l’improvisation de devenir de la négligence.

Une organisation communautaire n’a pas droit à l’approximation. Ses erreurs se paient en vies, pas en trimestres.

Aujourd’hui

CARE Montréal est géré par le Cap St-Barnabé. C’était l’objectif : bâtir une organisation capable de fonctionner sans celui qui l’a fondée. Un projet qui s’effondre au départ de son initiateur n’a jamais été une organisation — c’était une personne avec beaucoup d’énergie.

Une question sur ce sujet ?

Décrivez le contexte en quelques lignes. Je réponds avec une proposition d’angle, pas avec une brochure.